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Vincent Voiture
Portrait par Ph. de Champaigne.
Fonctions
Maître d'hôtel du roi
à partir de
Fauteuil 33 de l'Académie française
-
François Eudes de Mézeray
Biographie
Naissance
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AmiensVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Église Saint-Eustache de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Vincent Voiture
Surnom
Le poète d'autrefois
El Rey Chiquito
Formation
Collège de Calvy (à partir de )
Collège de Boncourt
Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Poète, courtisan, écrivain, éruditVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Académie française ()
Accademia degli Umoristi ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
PréciositéVoir et modifier les données sur Wikidata
?uvres principales
  • La Belle matineuse (1635)
  • Lettre sur la prise de Corbie (1636)

Vincent Voiture, né le à Amiens et mort le (à 51 ans) à Paris, est un poète et prosateur français.

  1. ? J. H. A. Ubicini, ?uvres de Vincent VOITURE, vol. I : Lettres et poésies, Paris, Charpentier, , p. 177.


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Biographie

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Un protégé de Gaston d'Orléans

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Fils d'un marchand de vins qui suivait la cour, il fait ses études à Paris et gagne la protection de Gaston d'Orléans, frère du roi, en lui adressant une pièce de vers à l'âge de 16 ans. Ce prince le nomme contrôleur général de sa maison, puis introducteur des ambassadeurs. Le comte d'Avaux, dont il a été le condisciple, le met en relation avec plusieurs personnes de la haute société.

Un habitué de l'Hôtel de Rambouillet

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Chaudebonne l'introduit à l'hôtel de Rambouillet. Il enseigne le beau langage et les belles manières aux habitués de cet hôtel dont il est le héros galant et badin, comme Guez de Balzac en est le héros sérieux. Quand il accompagne le duc d'Orléans, après la Journée des Dupes, en Lorraine, puis dans le Languedoc, les épîtres qu'il envoie sont un événement dans le monde des beaux-esprits dont l'a séparé la politique. Il en écrit aussi d'Espagne, où le prince l'a chargé d'une mission.

Un protégé de Richelieu

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De retour à Paris, il est, en 1634, un des premiers membres de l'Académie française, et se concilie tout à fait le cardinal de Richelieu par une lettre sur la prise de Corbie, qui est son chef-d'?uvre (1636). Envoyé vers le grand-duc de Toscane en 1638 pour lui notifier la naissance du dauphin, il va jusqu'à Rome, où il s'occupe d'un procès où se trouve Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, et est élu membre de l'Académie des Humoristes.

Maître d'hôtel du roi en 1639, premier commis du comte d'Avaux en 1642, aux appointements de 4 000 livres, il a encore une pension de 1 000 écus que lui fait accorder la reine. Son revenu finit par monter à 18 000 livres.

Un Précieux

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Portrait posthume (huile sur toile ; vers 1685, coll. de l'Académie française).

Il reste jusqu'à la fin de sa vie frivole et galant, n'ayant qu'une passion sérieuse : le jeu. Par son caractère, comme par son talent, Voiture est tout à fait propre à s'attirer la faveur des salons et à briller dans la société des beaux esprits de son époque qu'il emplit de sa renommée. Ses lettres y sont les oracles du goût et y font la mode de la prose.

Ce courtisan, à la poésie faite de recherche, de maniérisme et de galanterie, qui ne veut pas publier ses ?uvres de son vivant, est considéré comme très habile dans les genres poétiques mineurs. Quant aux vers de bien, ils soulèvent des querelles et des partis puissants qui semblent près de faire à son sujet une Fronde littéraire. Son Sonnet à Uranie, opposé à celui de Job par Benserade, divise le monde en jobelins et uranistes lors de la querelle des jobelins et des uranistes, qui montre sous un nouveau jour l'humeur belliqueuse d'Anne-Geneviève de Bourbon-Condé, qui est à la tête de ses partisans.

Son sonnet de la Belle Matineuse, opposé à celui de Malleville sur le même sujet, comme un diamant à une perle, est un échantillon de l'une de ses manières :

« Des portes du matin l'amante de Céphale

Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d'or et d'azur qu'en naissant elle étale,

Quand la nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d'attraits divers
Qu'il semblait qu'elle seule éclairait l'univers
Et remplissait de feu la rive orientale.

Le soleil, se hâtant pour la gloire des cieux,
Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.

L'onde, la terre et l'air s'allumaient alentour,
Mais auprès de Philis on le prit pour l'aurore,

Et l'on crut que Philis était l'astre du jour. »

Voiture, dont les écrits sont représentatifs de la préciosité, prend volontiers un ton moins pompeux. Ce n'est souvent qu'un rimeur de ruelles, un mondain pour qui la littérature n'est qu'un passe-temps, mais dont toute la cour répète les chansonnettes, ses Lanturlu et ses Landriry :

« L'on jugerait par la blancheur

De Bourbon, et par sa fraîcheur,
Landrirette,
Qu'elle a pris naissance des lys,

Landriry. »

Mais c'est dans le rondeau que Voiture, en tant que poète, excelle. On cite celui qui a pour refrain ou clausule : « Ma foi, c'est fait », et qui donne à la fois la règle et l'exemple du genre :

« Ma foi, c'est fait de moi, car Isabeau

M'a conjuré de lui faire un rondeau.
Cela me met en une peine extrême.
Quoi ! treize vers, huit en eau, cinq en ême
Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voila cinq pourtant en un monceau.
Faisons-en sept en invoquant Brodeau,
Et puis mettons, par quelque stratagème :
Ma foi, c'est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau
Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau ;
Mais cependant je suis dedans l'onzième,
Et ci je crois que je fais le douzième ;
En voilà treize ajustés au niveau.

Ma foi, c'est fait. »

Assez prétentieux de sa nature, les aristocrates qu'il côtoie ne se font pas faute de le remettre, à l'occasion, à sa place en lui rappelant sa condition de fils de marchand de vins. On cite ainsi le mot de M des Loges à propos d'un de ses proverbes : « Celui-là ne vaut rien, percez-nous en d'un autre ».

  1. ? Cette origine roturière lui fut souvent rappelée. Cf. la scène des gardes ivres chez le duc d'Orléans : Louis Moréri, Le Grand Dictionnaire Historique : ou le mélange curieux du Sacré et Profane, vol. 8 : T-Z, Paris, J.-Baptiste Coignard, , « Voiture », p. 320.
  2. ? On le voit en 1610 étudiant du Collège de Calvy, sous un régent nommé Louis Liger. Cf. Moreri, op. cit.
  3. ? Laudatio funebris pia et felici memoria Henrici Magni dedicata (Paris, 1710).
  4. ? Cf. Moreri, op. cit.
  5. ? Au sujet de la succession d'un Strozzi, qui avait institué Julie d'Angennes comme son héritière. Cf. à ce sujet Barbara Krajewska, Les salons littéraires: De l'hôtel de Rambouillet... sans précaution, éditions Jourdan, , 366 p. (ISBN 9782390093121).
  6. ? D'après Charles Paul Landon, Galerie historique des hommes les plus célèbres de tous les siècles, vol. II, Treuttel et Würtz, pour l'Imprimerie des Annales du Musée, 1805 (an iii), « Voiture ».
  7. ? Cf. Paul Pellisson, Histoire de l'Académie ; anecdote citée par Voltaire dans Le Temple du Goût.
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