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| Naissance |
Vers Strasbourg |
|---|---|
| Décès | Strasbourg |
| Activité |
Écrivain |
| Ordre religieux |
Ordre des Prêcheurs |
|---|---|
| Maître |
Maître Eckhart |

Jean Tauler (Taulerus), né vers 1300 à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un théologien, mystique et prédicateur alsacien influent, disciple strasbourgeois de Maître Eckhart. Il est parfois surnommé « le docteur illuminé », mais il n'a pas obtenu le titre universitaire de Docteur et Maître en Saintes Écritures : ce surnom est daté de la fin de la Renaissance, autant pour faire valoir les ouvrages imprimés sous son nom que pour exprimer une réelle admiration et une recherche de formules honorifiques (Voir ci-dessous l'édition princeps de 1498 : « Joan Thauler - Sermon des groß gelarten in gnaden erlauchten Doctoris Johannis Thauleri preigerr orden » : Sermons du Grand Docteur Jean Tauler, illuminé et instruit dans la grâce, grandement instruit ». Dans les manuscrits on trouve aussi les orthographes « Thauler", « Taulerr", « Tauwer," « Tauweler » et « Taulerus" dans les imprimés ulttérieurs. et toujours « Argentinensis » : "de Strasbourg".
Tauler est né et mort à Strasbourg. Il fit partie de l'ordre des Dominicains, comme Maître Eckhart dont il fut l'élève. Son enseignement s'apparente à celui de Maître Eckhart, mais il fut aussi influencé par ses études approfondies des néo-platoniciens, tout particulièrement de Proclus et du Pseudo-Denys l'Aréopagite.
Ses prédications se placent dans la droite ligne de Maître Eckhart. Elles développent surtout le thème du détachement et prêchent une ascèse apparemment austère, mais qui, au XIV siècle, est nettement moins doloriste que les autres : c'est lui qui demanda au banquier Rulman Merswin, fondateur de la commanderie Saint-Jean de Strasbourg (aujourd'hui ENA) de modérer largement son ascèse. Il a probablement fait ses études au studium (couvent possédant un centre de formation) à Cologne et a séjourné à Bâle, lors du conflit entre le pape et l'empereur, où les dominicains, ayant pris le parti du pape, furent expulsés de la ville ; mais à part quelques voyages il passa toute sa vie à Strasbourg. Il a été formé par « Amis de Dieu de l'Oberland " et il a fréquenté les béguines connues (Marguerite Ebner) qui vivaient librement dans la pauvreté dans une communauté retirée afin de s'entraider dans leur quête d'une voie intérieure. Ce fut un remarquable prédicateur. Il mourut au couvent des dominicaines de Saint-Nicolas in Undis, où sa propre s?ur était religieuse.
Il est cité parmi les réformateurs strasbourgeois de l'Ordre dominicain dans le manuscrit Liber reformationis ordinis praedicatorum in Germania, avec Maître Eckhart.
Outre ses sermons, dispersés en un grand nombre de manuscrits rédigés en moyen-haut allemand, nous ne possédons de lui qu'un billet sans doute autographe destiné à une béguine, où il remercie du don d'un fromage et lui souhaite de se bien porter.