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| Fondation |
|---|
| Sigle |
SGDL |
|---|---|
| Type |
Organisation à but non lucratif |
| Forme juridique |
Association déclarée |
| Domaine d'activité |
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France) |
| Objectif |
Promotion du droit d'auteur et défense des intérêts des auteurs. |
| Siège |
Hôtel de Massa, 38, rue du Faubourg-Saint-Jacques, Paris |
| Pays |
| Membres |
6 000 adhérents |
|---|---|
| Président |
Christophe Hardy (d) (depuis ) |
| Représentativité |
Membre du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA), du Conseil permanent des écrivains (CPE) et de l'European Writers Council (EWC). |
| Site web |
| RNA | |
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| SIREN | |
| OpenCorporates |
La Société des gens de lettres (SGDL) est une association française de promotion du droit et de défense des intérêts des auteurs. Elle a été fondée à Paris le , sur une idée de Louis Desnoyers, soutenue par Honoré de Balzac et un comité d'écrivains. C'est une association privée reconnue comme établissement d'utilité publique par décret en date du .
Son siège est situé, depuis 1928, à l'hôtel de Massa à Paris.

Sous le régime de la révolution de Juillet, en pleine vague romantique, le , Louis Desnoyers réunit chez lui une assemblée d'écrivains composée de Louis Viardot, Émile Marco de Saint-Hilaire, Élie Berthet, Alphonse Royer, Emmanuel Gonzalès, Louis Reybaud, Louis Bergeron et Honoré de Balzac. Un comité chargé d'élaborer les statuts de l'association est constitué, auquel se joignent Jules-Antoine David (1811-1890), Léon Gozlan et André Delrieu. La Société des gens de lettres est officiellement fondée le , les statuts d'une « société civile » étant déposés conformément au code pénal en vigueur le devant maître Maréchal, notaire. Dans cette première aventure, c'est Balzac qui se montre le plus enthousiaste. La première assemblée générale nomme Abel François Villemain président et Desnoyers vice-président le , et compte déjà près de 200 membres. Une deuxième assemblée générale se tient le , le comité administratif de 24 membres est renouvelé, et sont élus Balzac (nommé président), George Sand, Cauchois-Lemaire, Henry Celliez, Roger de Beauvoir, Henri Martin, Hippolyte Fortoul, et François-Théodore Claudon. Entré au comité directeur en 1839, Victor Hugo y restera près de quinze ans. Chaque nouveau membre admis devait régler 50 francs à l'année. Un personnage joue un rôle important : c'est Louis-Antoine Pommier, ancien avoué, nommé agent central de la Société, c'est lui qui la représente légalement et il est le seul à percevoir des appointements.
Les premières réunions se tiennent soit en des restaurants qui disposent de salles ? ainsi, en , c'est le traiteur Lemardeley, rue de Richelieu, qui accueille l'assemblée générale et les discussions portent sur les journaux qui reproduisent sans autorisation des textes ?, soit au 21, rue de Provence, adresse qui semble être celle du premier siège, en tous les cas où réside Pommier. Les réactions du monde des lettres ne tardent pas, la plus virulente émane du critique Jules Janin. Il faut dire qu'en 1839, la Société, qui ne dispose que d'une trésorerie ridicule, se lance dans un programme éditorial ambitieux, envisageant la publication de nouvelles, en douze volumes, sorte de recueils collectifs composés à partir de textes écrits par les sociétaires. Le problème est que ces publications, pourtant vendues, ne donnent droit à aucune rétribution. En quelques mois, les dessinateurs des vignettes prévues refusent à ce titre de livrer leurs travaux.

Alexandre Dumas père devient brièvement le troisième président le et fait immédiatement campagne en faveur de la propriété littéraire et des droits des auteurs. Cette année-là paraît Babel chez Jules Renouard, qui est la première publication périodique officielle de la Société. Le premier numéro, qui contient comme prévu des nouvelles, s'ouvre par une introduction que Jules Claretie estime écrite par Balzac et qui se termine par ces mots :
« L'esprit de corps rehausse l'individu, en ajoutant à sa responsabilité personnelle une responsabilité collective. Il est temps, pour tout le monde, de compter avec l'intelligence qui n'a jamais su compter avec personne. »
De 1841, année où démissionne Balzac pour « inefficacité de la Société » à 1869, le siège de la SGDL se situe 14, cité Trévise. En , la SGDL prévoit outre une caisse de secours pour venir en aide à ses sociétaires dans le besoin ainsi qu'une assistance juridique, de rendre hommage aux écrivains décédés et injustement calomniés : ainsi fut fait de Marie-Joseph Chénier, dans une ambiance où grondait l'esprit républicain. Deux ans plus tard, le bibliophile Jacob, et néanmoins sociétaire, rappelait, non sans humour, que Narcisse-Achille de Salvandy, ministre de l'Instruction publique mais également sociétaire, versait à la dite caisse, la somme de 2 000 francs. Année faste, qui permet l'édition d'un Bulletin mensuel qui va durer jusqu'en .
En 1847, est fondé le Cercle de la librairie (Paris) qui tente de devenir un interlocuteur de la SGDL, entre autres sur les questions de droits à l'international.
En , c'est Paul Féval qui est élu président et en 1869, le siège déménage au 10, cité Rougemont. En 1888, Guy de Maupassant devient sociétaire de la SGDL. Il est parrainé par François Coppée et Jules Claretie.
Émile Zola est admis, en qualité de sociétaire, le et est élu au comité le lendemain. Le , il est élu président de la SGDL. Alexandre Dumas avait, dès le lendemain de la mort de Balzac, tenté de lancer une souscription en faveur d'une sculpture. Échec. Quand Zola arrive à la Société, il relance l'idée en contactant le sculpteur Henri Chapu, qui meurt quelques jours plus tard. Il est donc décidé que ce sera Auguste Rodin qui réalisera une statue de Balzac, Rodin que l'on cherche à convaincre par le biais de Frantz Jourdain ; en juillet, il accepte.
En , le comité revient consterné d'une visite à l'atelier de Rodin dont le retard est jugé considérable. Zola lui obtient un délai supplémentaire de deux ans. Rodin s'attelle enfin à de multiples études, et fait finalement le choix de représenter l'auteur dans sa robe de moine dominicain qu'il revêtait pour écrire. Un an plus tard, une nouvelle commission de la SGDL, venue constater l'avancée du projet, juge l'?uvre du sculpteur « artistiquement insuffisante », la considérant comme « une masse informe, une chose sans nom, un colossal f?tus ». C'est ce qui entraîne la démission de Zola. Les choses se calment, Zola est réélu membre du Comité de la SGDL le puis à nouveau président le . Il exerce son dernier mandat au comité exécutif le . Le plâtre du Balzac de Rodin, présenté au Salon de la Société nationale des beaux-arts en , déchaîne un torrent de propos haineux. Il fallut attendre 1939 pour que le bronze soit enfin fondu et érigé boulevard Raspail.
L'accès des femmes au comité exécutif de la SGDL fut laborieux. En 1846, on compte sur près de 300 membres, seulement 20 femmes.
Des écrivaines tentèrent, au tout au long du XIX siècle, d'être élues, mais leurs échecs ne sont pas dus aux « indélicatesses » de George Sand : juste après la mort de cette dernière, la SGDL est la première à lancer une souscription pour élever un monument en son honneur. Membre à part entière dès ses origines, George Sand, cependant, avait mis la société dans une situation très étrange, en 1849 : L'Écho des feuilletons, alors dirigé par M. Dufour, avait reproduit La Mare au diable. L'Écho des feuilletons se croyait dans son bon droit, en vertu de traités passées avec la Société, qui autorisaient les journaux à reproduire toute nouvelle ayant moins de 100 000 lettres, même sans la permission de l'auteur. Or La Mare au diable, qui ne se vendait pas, excédait de quelques centaines de lettres, les 100 000 fixées par le traité. Ainsi L'Écho des feuilletons était-il dans son tort.
Aussi George Sand et l'éditeur Casimir Delavigne firent-ils à la Société un procès qu'elle gagna, et la Société fut condamnée à lui payer 3 000 francs de dommages-intérêts qu'elle n'avait pas. Cependant les poursuites continuèrent au nom de George Sand ; le jugement fut signifié et, deux jours plus tard, on allait saisir le mobilier des bureaux, qui n'eût pas produit cent écus à la vente, mais c'était le seul bien de la Société. On recourut au baron Taylor, et les 3 000 francs furent envoyés sans retard aux hommes d'affaires de George Sand, en attendant un hypothétique remboursement de Sand. L'ironie de l'histoire est que le journal en question était dirigé par M. Pommier [?], agent de la SGDL chargé lui-même de négocier ce genre de droits de reproduction.
Il est juste en revanche de signaler qu'il fallut attendre l'élection de M Daniel Lesueur en 1907 pour qu'un tel événement advienne. Non seulement celle-ci accède aux fonctions de secrétaire en 1907-1908 (présidence de Victor Margueritte) puis de vice-présidente en 1908-09, 1909-10 et 1913-14 (présidence de Georges Lecomte), mais c'est encore elle qui présidera ? de 1913 à sa mort ? une ?uvre philanthropique qui existe toujours : le « Denier des veuves de la SGDL ». Ce fut la fin de l'ostracisme qui visait les femmes de lettres. D'autres élues suivront, telles M Jean Dornis (présidente active du Denier des veuves de la SGDL, de 1922 à 1928), Lya Berger (rapporteur en 1921-22 sous la présidence d'Edmond Haraucourt), Jeanne Landre (seconde femme vice-présidente en 1925-1926, et à nouveau en 1935-1936). Camille Marbo devient la première femme présidente en 1937, réélue en 1938 et 1946. Ces dernières années sont marquées par les présidences de Régine Deforges (élue en 1989) et Marie Sellier (élue en 2014).
En 2021, le Comité compte 14 femmes et 10 hommes. En 2023, à la suite des élections du Comité et de la tenue de l'assemblée générale, le Comité compte 13 femmes et 11 hommes.
Parmi les grands noms de la littérature contemporaine figurent notamment la présidence de François Mauriac élu en 1932, ou celle d'un oulipien, Paul Fournel, élu en 1992. Citons aussi Didier Decoin et François Billetdoux.