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| Conseiller princier |
|---|
| Baron |
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
ou Berlin (marche de Brandebourg, Saint-Empire romain germanique) |
| Pseudonyme |
Severin von Monzambano |
| Formation |
Université de Leipzig Université Friedrich-Schiller d'Iéna |
| Activités |
Juriste, économiste, écrivain, bibliothécaire, professeur d'université, philosophe, historien, journaliste d'opinion |
| Période d'activité |
, ou |
| Fratrie |
Esaias Pufendorf (d) |
| A travaillé pour |
Université de Lund Université de Heidelberg |
|---|---|
| Maître |
Erhard Weigel |
De officio hominis et civis juxta legem naturalem libri duo (d) |
Samuel von Pufendorf, né le à Dorfchemnitz en Saxe, mort le (à 62 ans) à Berlin, est un historien, juriste et philosophe allemand, représentant du droit naturel moderne ou protestant.
Pufendorf vit dans la période qui suit les traités de Westphalie. C'est-à-dire à un moment où le Saint-Empire romain germanique doit faire face à trois grands problèmes : à l'extérieur, il doit se garder de la France, des Pays-Bas et de l'Angleterre à l'Ouest, de l'Empire Ottoman à l'est ; à l'intérieur, il doit reconstruire les relations de pouvoir entre les États semi-autonomes de l'Empire (Autriche, Bavière, Palatinat du Rhin, Électorat de Saxe, Électorat de Brandebourg qui deviendra, juste après la mort de Pufendorf, la Prusse) et se garder de retomber dans une guerre confessionnelle.
Un des objectifs de ses écrits est d'éviter précisément des conflits qu'il perçoit comme néfastes. À cette fin, il développe un type de Droit naturel, appelé protestant qui se distingue de la tradition métaphysique, néoscolastique ou même platonicienne représentée par l'École de Salamanque ou dans le Saint-Empire romain germanique par Leibniz et Christian Wolff (philosophe). S'il est connu comme juriste, il a aussi beaucoup écrit sur l'histoire, spécialement sur l'histoire de la Suède, du Saint-Empire romain germanique, sur les relations entre les États et les Églises. Il a également écrit sur la tolérance religieuse et sur le thème baconien de l'innovation en politique. C'est un homme dont l'?uvre écrite de façon claire et facilement abordable a eu une influence forte durant le XVIII siècle. Jean-Jacques Rousseau a été influencé par les traductions annotées de Jean Barbeyrac, tandis qu'on lui prête d'avoir été l'un des inspirateurs des principes de la Constitution américaine de 1787. Toutefois directement ou indirectement les chercheurs des siècles suivants le tiennent aussi pour responsable des ambiguïtés de la notion de droit naturel

Samuel Pufendorf, fils d'un pasteur luthérien, naît le à Dorfchemnitz en Saxe (Land). En 1630, le prince électeur luthérien de la région, Jean-Georges Ier de Saxe entre dans la guerre de Trente Ans en s'alliant à Gustave II Adolphe de Suède dans une ligue contre les Habsbourg. En 1632, à la mort de Gustave II Adolphe, il rejoint les impériaux ce qui expose ses territoires aux exactions des soldats des deux camps une chose qui va beaucoup marquer le jeune Pufendorf. En effet de ses onze frères et s?urs, seuls sept survivent dont son frère Esaias (1628-1687), son confident et bienfaiteur, qui deviendra un des meilleurs diplomates d'Europe.
Samuel a été éduqué à la maison jusqu'à l'âge de treize ans. À compter de 1645, il étudie à Grimma, près de Leipzig la grammaire, la logique, la rhétorique, la Bible, la théologie luthérienne ainsi que le grec et le latin classique. En 1650, il entre à l'université de Leipzig, un centre universitaire très marqué par l'orthodoxie luthérienne et très axé sur le scholastisme métaphysique ainsi que sur la pensée d'Aristote. Là, il étudie la philosophie, la jurisprudence et les mathématiques. En 1657, il passe un an à l'université de Iéna, où il rencontre le mathématicien et polymathe Erhard Weigel (1625-1699) qui lui fait connaître les ?uvres de Galilée, Grotius, Descartes et Hobbes, des auteurs qui marqueront profondément son ?uvre. Weigel également semble aussi avoir influencé Pufendorf, dans sa distinction entre entités physiques et morales, ainsi qu'ainsi que dans son idéal méthodologique d'un système de philosophie morale aussi rigoureux que les mathématiques. Après avoir passé son Magister à Iéna, il retourne à Leipzig en 1658.
Son frère entré au service de la Suède lui conseille de faire de même, eu égard aux faibles débouchés qu'offre la Saxe. Suivant ce conseil, Il devient en précepteur dans la famille de l'envoyé suédois à Copenhague : Pierre Julius Coyet. La Suède ayant attaqué le Danemark, la délégation suédoise est emprisonnée huit mois. C'est durant cette période qu'il écrit sa première ?uvre majeure Deux livres sur les éléments de la jurisprudence universelle (1660) qu'il dédicace à Charles Ier Louis du Palatinat. Au printemps 1660, il devient enseignant à l'université de Leyde où il se lie avec Peter de Groof, le fils de Hugo De Groof, le représentant aux Pays -Bas de l'électeur Palatin. Pufendorff devient professeur de philologie et de lois des nations à université de Heidelberg qui se situe dans le Palatinat .Il y donne des conférences sur Grotius et Tacite. Il publie en 1667 sous le pseudonyme de Monzambano son fameux De statu imperii Germanici (L'état présent de l'empire d'Allemagne), critique acerbe de la structure du Saint-Empire, prélude à son exil suédois. Il était en effet proche des nombreux suédois qui suivaient ses cours, parmi lesquels figurait le fils du chancelier de Suède Axel Oxenstierna.

Grâce au soutien de son frère, il est nommé en 1668 professeur de loi de la nature et des nations ainsi que d'éthique et de politique à l'université de Lund nouvellement crée en Scanie, une province danoise que vient d'acquérir la Suède. Là il publie en 1672 son ouvrage le plus célèbre Du droit de la nature et des gens (De jure naturæ et gentium (DJN)) . Dans cette université, il entre en conflit avec le juriste Niklaus Beckmann et le théologien Josua Schwartz, qui reçoivent le soutien de l'évêque luthérien du lieu. Ils font paraître en 1673, un ouvrage qui recense trente et une erreurs qu'aurait commises Pufendorf. Cette attaque conduit à l'interdiction de l'ouvrage de Pufendorf en Saxe et à une réponse de Pufendorf connue sous le titre de Schwedische Händel (Eris Scandica). Si Pufendorf s'y révèle un bon polémiste, la controverse lui permet aussi de clarifier certains points et marque le début en Allemagne de durs débats entre les tenants de la jurisprudence naturelle séculière et les théologiens luthériens
En 1673, il publie De officio hominis et civis prout ipsi praescribuntur lege naturali (les Deux Livres sur le Devoir de l'Homme et du Citoyen selon la Loi Naturelle), une courte synthèse reposant sur le DJN qui a assuré à son auteur une place dans les programmes universitaires durant un siècle. En 1675, il fait paraître un ouvrage qui reprend les conférences qu'il a tenues à Heidelberg et à Lund intitulé disserationes academicae selectiores
À la suite de l'invasion de la Scanie par le Danemark, l'université de Lund restera fermée de nombreuses années même si les Suédois ont rétabli rapidement leur position. En 1677, Pufendorf arrive à Stockholm où il devient historiographe royal et plus tard (1682) conseiller privé de la reine douanière Edwige-Éléonore de Holstein-Gottorp. Durant cette époque, il écrit une Dissertation sur les alliances entre la Suède et la France (De occasionibus foederum inter Sueciam et Galliam) et commence un travail de recherche dans les archives pour écrire une histoire de la Suède. Durant un voyage à Berlin au début des années 1680 pour trouver des archives en vue d'écrire un livre de commentaires sur les affaires suédoises sur la période allant de l'expédition du roi Gustave-Adophe en Allemagne à l'abdication de la reine Christine. À cette occasion, Pufendorf se rapproche du grand Electeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg. Plusieurs raisons motivent son attitude. Tout d'abord, le Brandebourg remplace alors de plus en plus la Suède comme défenseur du protestantisme, ensuite, la monarchie suédoise tend de plus en plus vers l'absolutisme. Enfin, en 1687, son frère dont l'orientation pro-française n'est plus prisée doit quitter la Suède où il est condamné à mort par contumace. En 1687, Pufendorf écrit le de habitu religionis christianae ad vitam civilem où il condamne les dragonnades du règne de Louis XIV. Au début de 1688, il s'installe à Berlin où il devient un conseiller privé de Frédéric Ier de Prusse alors seulement Frédéric III de Brandebourg. En 1694, il revient à Stockholm pour la publication de son livre sur Charles Gustave. Victime d'une attaque, il doit retourner à Berlin où il meurt en . Il est enterré à l'Église Saint-Nicolas de Berlin. Le sernom des funérailles a été prononcé par Philipp Jakob Spener (1635-1705) un des fondateurs du piétisme allemand