source wikipédia
| Naissance | Ancien 2e arrondissement de Paris |
|---|---|
| Décès |
(à 75 ans) Versailles |
| Nom de naissance |
Auguste Simon Jean Chrisostome Poirson |
| Nationalité |
française |
| Activités |
Historien, enseignant du secondaire |
| A travaillé pour |
Lycée Saint-Louis Lycée Charlemagne |
|---|
Histoire romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'à l'établissement de l'empire (d) |
Auguste Poirson, né le à Paris et mort le à Versailles, est un historien français.
Cité comme l'un des professeurs les plus distingués de l'Université de son temps, Poirson a apporté dans l'étude du passé national un esprit consciencieux et loyal. Après ses études au lycée Impérial de Paris et au lycée Napoléon, il intègre l'École normale supérieure, où il fait la rencontre d'Augustin Thierry, élève de la promotion 1811. Sorti en 1812, il a fait partie des pionniers qui enseignent l'histoire dans les collèges parisiens. D'abord professeur de rhétorique et d'histoire, puis proviseur à Henri-IV, il est chargé, en 1818, avec Charles Cayx (d) à Charlemagne et O.-C. Desmichels (d), à Condorcet, par la Commission royale de l'Instruction publique, de mettre au point le nouvel enseignement d'histoire à mettre en place dans l'enseignement des collèges royaux.
Proviseur du collège de Saint-Louis, et plus tard, du collège Charlemagne, membre du conseil de l'Université sous le comte de Salvandy, il avait horreur des innovations et plaçait la vieille éducation classique au dessus de tout. Lors de l'introduction de la réforme préparée par Urbain Le Verrier et Jean-Baptiste Dumas, appelée la « bifurcation des études », qui visait à moderniser l'enseignement en créant une section scientifique distincte de la section littéraire à partir de la classe de quatrième, et en introduisant l'enseignement des langues vivantes et de la gymnastique, il a affiché son mépris pour l'anglais et l'allemand, dont il a détourné les meilleurs élèves. Ayant déclaré que tant qu'il serait proviseur, on n'appliquerait pas la réforme au lycée Charlemagne, il fut brusquement révoqué de sa place par le Ministre de l'Instruction publique Hippolyte Fortoul plutôt que de céder.
Sa situation aisée lui permettant de se passer de la place qu'on lui avait ôtée, il en a profité pour se remettre une ardeur redoublée à ses travaux historiques. Après s'être occupé jusque-là de l'histoire ancienne, avec une histoire romaine, contraire aux travaux qui se faisaient, à l'époque, en Allemagne, éclaircissant dans une histoire ancienne les origines de la Grèce homérique et la confusion entourant les successeurs d'Alexandre, il s'est ensuite appliqué aux temps modernes, avec une histoire d'Henri IV, ouvrage nommé par l'Académie, que Saint-Marc Girardin a appelée « un chef-d'?uvre d'exactitude et d'attention savante ». Il ne manque à ce travail que les défauts de la vie privée du Vert Galant dont Poirson n'a jamais pu se décider à parler. Saint-Marc Girardin rapporte même que Poirson avait failli se fâcher avec lui, pour avoir parlé légèrement sur l'attachement du Béarnais pour Gabrielle d'Estrées. Il a également fourni des articles à la Revue française, le Journal de l'Instruction publique et la Revue des Deux-Mondes.
Fatigué par le siège de Paris, la sollicitude de sa femme et de sa fille avait réussi à préserver sa santé, mais elles n'avaient pu le dérober aux lassitudes et aux inquiétudes du séjour en province, quand tous étaient séparés les uns des autres. Ceux de ses amis qui l'ont revu après ces évènements ont été frappés du changement qui s'était fait en lui, sans pouvoir pour autant pronostiquer que sa fin était si proche.