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| Naissance | 20e arrondissement de Paris (Île-de-France, France) |
|---|---|
| Décès |
(à 63 ans) 14e arrondissement de Paris (Île-de-France, France) |
| Sépulture |
Houilles |
| Nom de naissance |
Robert Louis René Mandrou |
| Pseudonyme |
Jacques-Jean Robert |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté des lettres de Paris |
| Activités |
Historien, professeur d'université |
| A travaillé pour |
École des hautes études en sciences sociales Université Paris-Nanterre |
|---|---|
| Mouvement |
École des Annales |
| Directeur de thèse |
Lucien Febvre |
| Distinctions |
Grand prix Gobert () Médaille d'argent du CNRS () |
Robert Mandrou est un historien français, né le à Paris et mort le dans la même ville, spécialiste de l'Histoire de France à l'époque moderne, disciple de Lucien Febvre, secrétaire de la revue Annales, Économies, Sociétés, Civilisations, de 1954 à 1962 et initiateur, avec Georges Duby, de l'histoire des mentalités.
Issu d'un milieu modeste, sa mère est couturière, son père cheminot. Il passa son enfance à Belleville, quartier ouvrier de l'est de Paris puis quitta la capitale son père étant muté à Saint-Étienne.
Après ses études secondaires au lycée de Saint-Étienne, il fut admis en hypokhâgne à Clermont-Ferrand en 1939 et en khâgne au lycée du Parc à Lyon. Il échoua au concours d'entrée à l'École normale supérieure.
Il fut particulièrement marqué par la Seconde Guerre mondiale qui le contraignit en 1942 à intégrer les Chantiers de jeunesse puis à partir au service du travail obligatoire, d'abord comme ouvrier, puis comme bûcheron dans le Harz. Il améliora sa connaissance de la langue allemande et apprit l'italien.
Malgré ces circonstances dramatiques, il resta attaché à l'Allemagne et en devint l'un des rares spécialistes français, bons connaisseurs des sources et de l'historiographie allemandes. Sa thèse complémentaire est d'ailleurs consacrée aux Fugger, propriétaires fonciers en Souabe (1969) et il est le fondateur de la Mission historique française à Göttingen (1977).
En , il fait partie des trente-quatre signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson.
Agrégé d'histoire en 1950, Robert Mandrou fut professeur à Saint-Étienne, Clermont-Ferrand puis au lycée Voltaire à Paris en 1954. Il fut ensuite, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1957), professeur à l'université de Nanterre (1968), la maladie le contraignit à une retraite anticipée (1980).
Lucien Febvre le considérait comme son fils spirituel et lui permit de devenir secrétaire de la revue Les Annales en 1954.
Une mise au point s'impose sur les tensions qu'il a avec Fernand Braudel à propos de l'héritage intellectuel de Lucien Febvre. D'une part, la publication d'Honneur et Patrie en 1996 par Thérèse Charmasson et Brigitte Mazon met un terme à la méchante rumeur qui accusait Robert Mandrou d'avoir pris et perdu le manuscrit de Lucien Febvre, qui est retrouvé dans des archives de Fernand Braudel transportées en 1966 au château de Tocqueville. Par ailleurs, Jean Lecuir, dans sa Genèse de l'introduction à la France moderne (postface à la quatrième édition, p. 422-467), rend justice à la rigueur de Robert Mandrou, qui a voulu faire de ce livre un ultime hommage à la mémoire de Lucien Febvre et est soutenu en cela par Madame Febvre, qui lui avait communiqué les fiches et ébauches disponibles dans les papiers de son mari pouvant lui être utiles. Ce livre, qu'il rédige en totalité et nourrit de ses propres recherches, devait être, dans leur esprit, cosigné Lucien Febvre-Robert Mandrou, comme l'était L'apparition du livre d'Henri-Jean Martin. S'il ne l'est pas, c'est parce que Fernand Braudel s'y oppose tant auprès de Robert Mandrou que de Madame Febvre. Robert Mandrou s'incline en signant ce livre de son seul nom mais en le dédicaçant « À Lucien Febvre, en totale fidélité ». Peu après la publication du livre, Robert Mandrou se voit retirer sans ménagement le secrétariat des Annales par Fernand Braudel.
Robert Mandrou meurt quelques semaines après Philippe Ariès avec lequel il a dirigé la collection « Civilisations et mentalités » chez Plon. Ses archives personnelles sont conservées aux Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, sous les cotes AB/XIX/4420-AB/XIX/4478 : Inventaire du fonds