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Henri de Lubac
Biographie
Naissance
Cambrai (France)
Ordre religieux Compagnie de Jésus
Ordination sacerdotale
Décès (à 95 ans)
Paris 7 (France)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-diacre
de Santa Maria in Domnica

Blason
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Henri Sonier de Lubac, né le à Cambrai et mort le à Paris 7, est un jésuite, théologien catholique, membre de l'Institut, et cardinal français.

Biographie

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Henri de Lubac est issu de la famille Sonier de Lubac, originaire du Vivarais.

Les spécialistes distinguent plusieurs périodes révélatrices de son itinéraire contrasté.

1896-1929 : les années de formation

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Élève au sein du lycée Saint-Marc, il entre dans la Compagnie de Jésus en 1913, à l'âge de 17 ans, et passe son noviciat sur l'île de Jersey, les congrégations étant bannies de France depuis 1904. Il combat pendant la Première Guerre mondiale, où il est gravement blessé à la tête en 1917. L'expérience des tranchées le hantera toute sa vie. S'il en gardera toute sa vie des séquelles, cette expérience de la guerre constituera malgré tout un moment important : celui de la camaraderie et du dialogue avec des non-croyants. À ce moment, le jeune Henri de Lubac prendra conscience des défis qui attendent la foi catholique et auxquels la plupart des ecclésiastiques de l'époque, formés entre eux, sont peu préparés.

1929-1939 : les années d'enseignement

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En 1927, il est ordonné prêtre. Après son cursus d'études, il devient en 1929 professeur de théologie fondamentale à la faculté catholique de Lyon. En 1938, il publie son premier livre, Catholicisme, les aspects sociaux du dogme, qui a un retentissement mondial. Avec Jean Daniélou, il rejoint le père jésuite Victor Fontoynont en 1942, pour travailler à la collection de patrologie, Sources chrétiennes.

1939-1945 : les années de guerre

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage à sa manière dans la Résistance spirituelle au nazisme en France. Il participe à la création des Cahiers du Témoignage chrétien et dénonce, dans ses cours comme dans ses écrits de l'époque, l'idéologie nazie. C'est à cette époque qu'il écrit Le Drame de l'humanisme athée.

Début 1945, H. de Lubac aurait rédigé à la demande de Jacques Maritain, nommé ambassadeur de France près le Saint-Siège par le général de Gaulle, un mémoire confidentiel intitulé La question des évêques sous l'Occupation. Celui-ci sera publié par la Revue des Deux Mondes en .

1946-1960 : l'affaire de la « Nouvelle Théologie » et les années silencieuses

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En 1946 paraît Surnaturel. Études historiques, qui fait scandale. Il est alors soupçonné de modernisme par le Saint Office. L'encyclique Humani generis de 1950 semblant le viser directement, il est interdit d'enseignement par le général des Jésuites, et, dans le cadre de la « purge de Fourvière », ses livres sont retirés des écoles et instituts de formation. Tout cela, sans qu'il puisse jamais se défendre officiellement. Il est contraint de quitter Lyon pour Paris, où il continuera d'écrire.

Consulteur au Saint-Office, le père Philippe de la Trinité critique également sa défense de la pensée de Teilhard de Chardin, évoquant directement son ouvrage La Pensée religieuse du père Teilhard de Chardin dans un commentaire au Monitum de 1962.

1960-1991 : de la lente réhabilitation au cardinalat

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Ce n'est qu'en 1958 qu'il est autorisé à reprendre ses cours. Il s'intéresse à l'exégèse patristique et médiévale, en particulier la théorie des quatre sens. La même année, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques. En 1960, il est nommé par Jean XXIII consultant (peritus) de la commission préparatoire des théologiens au concile de Vatican II.

La véritable réhabilitation commence avec sa nomination en tant qu'expert du concile. Il devient alors un théologien écouté et respecté, même s'il peine à trouver sa place dans la vaste organisation conciliaire. Son influence sera surtout liée à ses publications des années précédentes : Catholicisme en premier lieu, mais surtout Méditation sur l'Église (1953). Un livre que le futur pape Paul VI distribuait à son clergé et qui influença nombre des Pères conciliaires.

Signe supplémentaire de reconnaissance : en 1983, sa création comme cardinal avec le titre de cardinal-diacre de Santa Maria in Domnica par Jean-Paul II. Le P. de Lubac ayant refusé le cardinalat que lui proposait Paul VI en 1969 au motif de la consécration épiscopale qui y était associée depuis 1962, Jean-Paul II lui permet de rester simple prêtre. Partagé entre la joie et l'inquiétude face à ce qu'il considère comme des « dérives post-conciliaires », il explique sa vision du concile principalement dans Paradoxe et Mystère de l'Église en 1967 et Entretien autour de Vatican II. Souvenirs et réflexions en 1985. Lui-même publia trois commentaires majeurs de constitutions conciliaires : Paradoxe et Mystère de l'Église (sur le document Lumen Gentium) ; Athéisme et sens de l'homme (sur le document Gaudium et Spes) et La Révélation divine (sur le document Dei Verbum).

Tombe d'Henri de Lubac, de Jean Daniélou et de Bertrand de Margerie au cimetière de Vaugirard (division 6).

Il meurt le , à l'âge de 95 ans, après quelques années passées à Paris dans la communauté des jésuites rue de Grenelle. Il était devenu le cardinal le plus âgé du Sacré Collège à la mort du cardinal letton Julijans Vaivods le . C'est l'Italien Ferdinando Giuseppe Antonelli qui lui succède comme cardinal le plus âgé.

Il fit dans sa vie de très nombreuses rencontres dont notamment avec l'abbé Pierre ou encore Jules Monchanin.

Sa cause en béatification a été ouverte le par l'archidiocèse de Lyon.

  1. ? Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, , p. 178.
  2. ? Jean-Pierre Wagner, Henri de Lubac, Coll. « Initiation aux théologiens », Paris, Cerf, , p. 11-27.
  3. ? [1].
  4. ? Étienne Fouilloux, Les Jésuites, Histoire et Dictionnaire, Paris, Bouquins éditions, , 843-845 p. (ISBN 978-2-38292-305-4)
  5. ? Michel Sales, « La résistance au nazisme du père de Lubac », Christus, n 186,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ? Pierre Damien Ndombe Makanga, La Notion de la colère de Dieu dans la sotériologie dramatique chez Hans Urs von Balthasar. Une lecture méta-anthropologique à partir de la notion de l'admirabile commercium, Frankfurt, Peter Lang, 2009, p. 17.
  7. ? Henri de Lubac, Mémoire sur l'occasion de mes écrits, Paris, Cerf, , p. 68 et s.
  8. ? Henri de Lubac, Carnets du Concile, Paris, Cerf,
  9. ? Georges Chantraine, « Henri de Lubac (1896-1991). Une vue panoramique », Nouvelle revue théologique, t. 129, n 2,‎ , p. 212-234.
  10. ? Neufeld (K.), « Au service du Concile, évêques et théologiens au deuxième concile du Vatican », partie II, « Henri de Lubac comme théologien du Concile », in R. Latourelle (dir.), Vatican II, bilan et perspectives, vingt-cinq ans après (1962-1987), tome 1, p. 110-124, Montréal-Paris,, Montréal-Paris, Bellarmin-Cerf, .
  11. ? Loïc Figoureux, « Henri de Lubac et le concile Vatican II, espoirs et inquiétudes d'un théologien », dans Cristianesimo nella Storia, n 34, , p. 249-271.
  12. ? Insee, « Extrait de l'acte de décès de Henri Marie Joseph Sonier De Lubac », sur MatchID
  13. ? « Ouverture de la cause de béatification du cardinal Henri de Lubac », Église à Lyon,‎ , p. 6 (lire en ligne, consulté le )
  14. ? Clémence Houdaille et Gilles Donada, « Qui est le cardinal de Lubac, dont la cause de béatification va être ouverte ? », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )


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