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Pierre Goubert
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Fonction
Président
Société de démographie historique
-
Marcel Reinhard
Louis Henry
Biographie
Naissance
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Saumur (Maine-et-Loire)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 96 ans)
Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Pierre Marie Jean GoubertVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (à partir de )
Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enseignant du secondaire (-), chercheur (-), directeur d'études (-), professeur des universités (-), historienVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne (-)
Université Paris-Nanterre (-)
Université de Rennes (-)
École pratique des hautes études (-)
Centre national de la recherche scientifique (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Société de l'histoire de France
Société de démographie historique
Comité des travaux historiques et scientifiquesVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
École des AnnalesVoir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse
Augustin RenaudetVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Prix Thérouanne ()
Grand prix Gobert ()
Prix Pierre-Lafue ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Pierre Goubert, né le à Saumur (Maine-et-Loire) et mort le à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), est un historien et universitaire français, spécialiste des XVII et XVIII siècles.

Historien des sociétés et des mentalités d'Ancien Régime, Pierre Goubert est considéré comme l'un des fondateurs de la démographie historique et de l'histoire rurale moderne.

Biographie

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Une origine modeste

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Pierre Goubert naît à Saumur en 1915, dans une famille d'artisans et de commerçants. Depuis plusieurs générations, sa famille a la profession habituelle de cultivateur, de journalier, ouvrier agricole, domestique de ferme. Comme le disait Pierre Goubert lui-même, sa famille venait de la modestie mais non pas de la misère et aucun ne fut illettré. Il va à l'école primaire publique des Récollets à Nantilly, suivie du cours complémentaire qui était l'enseignement parallèle à celui du collège. Il passe son certificat d'études à douze ans. Mais ses parents n'envisageaient pour lui rien d'autre qu'une mise en apprentissage dans un métier manuel ou un emploi de petit coursier, ce qui à l'époque le désolait déjà. Le directeur d'école primaire intervient auprès de sa mère pour le laisser continuer les études.

D'une école normale à l'autre

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Pierre Goubert entre à l'École normale d'instituteurs d'Angers en 1931, où il se passionne pour la littérature. Il se définissait à l'époque plus littéraire qu'historien car l'histoire ne le passionne pas encore. Cependant l'étude des lettres lui est interdite en raison de son ignorance du latin et du grec. Il choisit donc l'histoire et la géographie. Fréquemment indiscipliné et se manifestant par des protestations, notamment contre le chauvinisme français à propos de la Première Guerre mondiale qui règne à cette époque en France, il est exclu de la PMS (Préparation militaire supérieure). Durant ses longues retenues dans la bibliothèque, il continue la lecture et commence à apprendre l'anglais.

Il intègre en 1935 l'École normale supérieure de Saint-Cloud qui forme, à cette époque, les professeurs d'École normale. Il reçoit alors les cours de Marc Bloch, rencontre marquante qui le détermine à choisir l'histoire comme discipline de recherche. Il confie en 2000 que : « c'est lui, vraiment, qui m'a donné la vocation, lui et les Annales, [?] ». À la sortie de ce stage en 1937, Pierre Goubert enseigne cette dernière matière, ainsi que les lettres, à l'École normale de Périgueux.

Études supérieures

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Mobilisé en 1939 au fort de Saint-Cyr comme instructeur météo, il fait la campagne de France dans la troupe ? avec le grade de caporal ?, échappe à la captivité et devient professeur de « collège moderne » au lycée de Pithiviers puis à Beauvais, à partir de 1941. Ces années de professorat sont aussi celles des études universitaires qu'il n'a pu faire plus tôt. Il n'est pas bachelier parce que les élèves-instituteurs de l'époque obtenaient le brevet supérieur, mais il est autorisé, par dérogation, à préparer la licence qu'il passe, selon ses propres termes, « par morceaux ». Il réussit en 1948 l'agrégation d'histoire et se retrouve ainsi agrégé sans être bachelier, ce qui l'amusait beaucoup.

Il se lance, aussitôt après, dans la rédaction d'une thèse de doctorat d'État sur le Beauvaisis, région qu'il a retrouvée après un court séjour comme professeur au lycée Turgot. Il est alors aiguillonné par son premier maître, Augustin Renaudet, professeur d'histoire moderne à la Sorbonne et directeur de son DES.

Carrière universitaire

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Membre du CNRS depuis 1951, Pierre Goubert est nommé en 1956 directeur d'études de l'EPHE (VI section), puis deux ans plus tard, obtient un poste de professeur d'histoire moderne à l'université de Rennes. Il était d'abord intéressé par l'histoire ancienne mais des connaissances en latin et grec lui font de nouveau défaut.

L'histoire moderne lui vient comme un écho de ses goûts littéraires, la littérature du XVII siècle étant celle qu'il préférait. Cette année 1958, il a 43 ans, est celle de la soutenance de sa thèse (qui sera publiée en 1960), Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730.

Ce travail marque une véritable étape historiographique car elle ouvre le chemin, aujourd'hui presque banal, des recherches de démographie historique inscrites dans un cadre régional. « Véritable jalon historiographique », s'appuyant avant tout sur des documents locaux de première main, l'historien privilégia le quantitatif et le « sériel ».

Pierre Goubert devient ensuite en 1965 professeur dans la toute nouvelle université de Paris X-Nanterre. Il s'y entoure de jeunes assistants comme Anne Zink ou François Billacois. Il contribua à y faire venir un autre grand historien moderniste : Robert Mandrou.

Nommé à la Sorbonne en 1969, Pierre Goubert présente des conférences dans le monde entier (en Europe mais aussi à Princeton, Montréal, Kingston, au Japon, en Côte d'Ivoire où il est invité en 1971 à assurer un enseignement d'histoire moderne au niveau de la licence à l'université d'Abidjan, à Madagascar en 1979 où on lui demande également d'assurer un cours complet d'histoire moderne en six semaines au niveau de la licence à l'université malgache d'Antananarivo).

Il publie de nombreux ouvrages d'histoire moderne dont certains deviennent de véritables « best-sellers », phénomène nouveau dans l'édition historique universitaire. Son très célèbre Louis XIV et vingt millions de Français qu'il publie en 1966 sera réédité en poche en 1979. Cet ouvrage remarquable efface dans l'analyse le Roi-Soleil au profit des sans nom et des sans grade, approche réaliste du long règne de Louis XIV, bien éloignée de l'histoire classique. Il présente ensuite L'Ancien Régime, qui connaît deux éditions (1969 et 1973) avant une large augmentation, en 1984, réalisée avec la collaboration de Daniel Roche, sous le titre Les Français et l'Ancien Régime. Bien qu'appartenant à l'École historique des Annales, abandonnant pour un temps ses habitudes d'histoire sociale, Pierre Goubert s'est aussi illustré dans le genre biographique, avec son Mazarin qui a été édité en 1990. Il explique lors d'un entretien en 2000 que, dans son cette ?uvre, il ne change pas réellement de méthode pour écrire l'histoire : il ne se concentre pas seulement sur la personne de Mazarin, mais s'intéresse aussi aux hommes d'affaires, ses financiers et d'autres.

Retraité en 1978 de la Sorbonne, au lendemain d'un deuil terrible, Pierre Goubert se disait fatigué d'un métier dont beaucoup d'aspects ne l'intéressaient plus, sauf ces séminaires où il était invité. Encouragé par ses enfants et son épouse, il se remet à écrire et à disserter de temps à autre. Son autobiographie en 1995 est le cinquième livre depuis qu'il a quitté la Sorbonne.

Hommage posthume

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Le , le conseil général de l'Oise, représenté par Georges Becquerelle, Alain Blanchard, Sylvie Houssin et Thibaud Viguier, rend hommage à l'historien décédé le , en présence de ses enfants, Jean-Pierre et Annie, du dernier étudiant dont il a dirigé la thèse, Jean Duma, mais aussi de Jacques Bernet, Jean-Pierre Besse, Jean Cartier et Monique Demagny-Desgroux, qui l'ont fréquenté ou ont étudié ses travaux. À l'issue de la table ronde, animée par Claudine Cartier, une plaque donnant son nom à l'auditorium des Archives départementales est dévoilée.

  1. ? Philippe-Jean Catinchi, « Pierre Goubert, l'historien de l'envers du Grand Siècle », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  2. ? Goubert 1996, p. 20-24.
  3. ? La coutume et la nécessité dans le Saumurois faisaient que les membres forts nombreux des foyers, à l'instar de celui de Pierre Goubert, avaient comme destinée après l'école primaire que la « mise en place » chez des bourgeois comme domestiques, cuisinières, valets, apprentis?
  4. ? « Souvenirs d'un historien né à Saumur », in L'Histoire n 241, 24 février 2000, p. 58.
  5. ? Goubert 1996, p. 96.
  6. ? Goubert 1996, p. 96-97.
  7. ? Goubert 1996, p. 111.
  8. ? Gérard Béaur, « In memoriam Pierre Goubert ( 1915-2012). Sur les routes tracées par un grand historien du rural », Histoire & Sociétés rurales, vol. 37, n 1,‎ , p. 7?13 (ISSN 1254-728X, DOI 10.3917/hsr.037.0007, lire en ligne, consulté le ).
  9. ? Goubert 1996, p. 100.
  10. ? Curieusement, cet ouvrage a subi de la part de Fernand Braudel une critique acerbe dans les colonnes des Annales. Défenseur du « mouvement historique », inventeur de la « géo-histoire », il qualifie le travail de Goubert « d'aiguille dans une meule de paille ». Il ajoute que cette thèse ne le satisfait pas, trouvant l'espace de recherche trop restreint, la limitation de l'étude au seul XVII siècle, phase de récession, donne une vision statique de l'économie alors que, selon lui, l'historien doit plutôt se pencher sur les phénomènes de croissance : « pour le troisième volet » dit-il, « j'aurais cherché à dégager une croissance du Beauvaisis ». Annales, juillet-août 1963. Goubert explique dans ses souvenirs que cet éreintement trouvait sa source dans les relations difficiles qu'il entretenait avec le maître qui, pourtant, avait édité sa thèse. L'amitié retrouva néanmoins sa logique à l'extrême fin de la vie de Braudel : de Goubert, « L'un des derniers grands souvenirs fut un long entretien sur le trottoir face au Luxembourg. Une heure, peut-être, l'une des plus belles de ma vie ; de la sienne, je ne sais ; sans doute quelque peu. Et je n'entendis plus cette musique. ».
  11. ? Françoise Dartois, "Hommage à Pierre Goubert", AHMUF, 27 janvier 2012
  12. ? Goubert 1996, p. 225.
  13. ? Goubert 1996, p. 312-313.
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