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Ferdinand Buisson
Autochrome de Ferdinand Buisson en 1930.
Fonctions
Président
Ligue des droits de l'homme
-
Francis de Pressensé
Victor Basch
Député de la Seine
Huitième législature de la Troisième République française
Neuvième législature de la Troisième République française
Dixième législature de la Troisième République française
Douzième législature de la Troisième République française
-
Président
Ligue de l'enseignement
-
Biographie
Naissance
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
Thieuloy-Saint-AntoineVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Thieuloy-Saint-AntoineVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Faculté des lettres de Paris (doctorat) (jusqu'en )
Lycée CondorcetVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Homme politique, philosophe, pédagogue, professeur, bibliothécaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Pierre Buisson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Adèle de Ribaucourt
Fratrie
Benjamin Buisson (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Faculté des lettres de Paris
Université de Neuchâtel
Université de ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Parti politique
Parti républicain, radical et radical-socialisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Ligue des droits de l'hommeVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvements
Libre-pensée, humanismeVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Prix Marcelin-Guérin ()
Grand officier de la Légion d'honneur? ()
Prix Nobel de la paix ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Ferdinand Buisson
Signature.
Plaque commémorative à Paris.
Vue de la sépulture.

Ferdinand Buisson, né le à Paris et mort le à Thieuloy-Saint-Antoine, est un philosophe, pédagogue et homme politique français. Il est cofondateur, en 1898, de la Ligue des droits de l'homme, qu'il préside de 1914 à 1926. De 1902 à 1906 il est président de la Ligue de l'enseignement. En 1927, le prix Nobel de la paix lui est attribué conjointement avec l'Allemand Ludwig Quidde.

Il a été directeur de l'enseignement primaire en France de 1879 à 1896. En 1905, il préside la commission parlementaire chargée de mettre en ?uvre la loi de séparation des Églises et de l'État. Il est connu pour son combat en faveur d'un enseignement laïque.

Biographie

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Jeunesse

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Ferdinand Buisson est né le dans une famille protestante. Son père normand, Pierre Buisson, est un juge de paix, puis juge d'instruction qui a épousé à cinquante-deux ans Adèle Aurélie de Ribaucourt (1812-1894), vingt-neuf ans, fille d'un tisserand picard.

Il fait ses études secondaires à Saint-Étienne et prépare l'entrée à l'École normale supérieure au lycée Condorcet. Il est recalé à l'École normale supérieure, pour raison de santé (surdité), et prépare une licence de philosophie tout en travaillant comme précepteur. Il est classé deuxième à l'agrégation de philosophie en 1868.

Engagement politique

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Figure historique du protestantisme libéral, il s'exile volontairement en Suisse sous le Second Empire, de 1866 à 1870, car il refuse de prêter serment au nouveau pouvoir ; il est professeur à l'Académie de Neuchâtel. En 1867, il suit les trois congrès internationaux de la Ligue de la paix et de la liberté. C'est au dernier congrès à Lausanne, en 1869, qu'il lit un discours. Parallèlement, il tente de mettre en place une Église protestante libérale, faisant appel aux pasteurs Jules Steeg et Félix Pécaut.

Dès l'instauration de la Troisième République, il rentre en France et participe activement aux initiatives politiques et sociales de la municipalité du 17 arrondissement de Paris. En , il prend la direction de l'orphelinat municipal du 17 arrondissement, premier orphelinat laïque, qui deviendra plus tard l'orphelinat de la Seine. Il est inspecteur de l'enseignement primaire de 1872 à 1886.

Refusant d'enseigner la philosophie, car désireux d'?uvrer en faveur des enfants les plus pauvres, il est, grâce à son amitié avec le ministre de l'Instruction publique Jules Simon, nommé à la direction des établissements scolaires parisiens. Une violente campagne, menée tant par le parti catholique que les protestants orthodoxes, contraint Jules Simon à faire marche arrière. Buisson sera chargé de réunir une vaste documentation sur les pratiques pédagogiques dans le monde. Soucieux de l'avenir des enfants de l'orphelinat, il se met en relation avec le philanthrope Joseph Gabriel Prévost et place les enfants dans l'orphelinat de Cempuis que celui-ci a créé. En 1880, Buisson nomme Paul Robin directeur de l'établissement.

De 1879 à 1896, il est appelé par Jules Ferry, successeur de Jules Simon, à la direction de l'Enseignement primaire. En 1890, il devient professeur de pédagogie à la Sorbonne et il est docteur ès Lettres en 1891. En 1896, il est également professeur de Science de l'éducation au sein de cette université. Alors que l'orthographe devient la discipline phare de l'enseignement au cours du XIX siècle, Jules Ferry et Ferdinand Buisson, qui rénovent ensemble le système éducatif à partir de 1880, s'efforcent d'endiguer cette vague orthographique, en substituant à cet enseignement un enseignement plus vivant et riche du français. Ferdinand Buisson retire aux écoles normales la préparation du brevet élémentaire et tente une réforme de l'orthographe. Il sera immédiatement accusé de faire baisser le niveau en orthographe de la France.

En 1898, jusqu'alors réservé de par ses fonctions, il prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus. Il participe alors à la création de la Ligue des droits de l'homme. Il en est le président de 1914 à 1926. Il est franc-maçon.

Rapport de Claire Bertelot, institutrice de l'école d'Étauliers, à Ferdinand Buisson, inspecteur général de l'Instruction publique, sur ses activités en 1914-1918. 25 juin 1918. Archives nationales de France.

Député de la Seine de 1902 à 1914, il est en particulier un ardent défenseur de l'enseignement professionnel obligatoire et du droit de vote des femmes. Il préside la Ligue de l'enseignement de 1902 à 1906 et supervise le travail d'écriture et de conception des lois sur la laïcité. En 1905, il est le président de la commission parlementaire qui rédige le texte de la loi de séparation des Églises et de l'État.

En 1914 et pendant la Première Guerre mondiale, Buisson se range parmi les patriotes et défend l'Union sacrée. Il est élu de nouveau député de 1919 à 1924, et ?uvre à la réconciliation franco-allemande, surtout après l'occupation de la Ruhr en 1923. Partisan de la première heure de la Société des Nations, il invite des pacifistes allemands à Paris et se rend à Berlin. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1927, colauréat avec le professeur allemand Ludwig Quidde pour ces efforts de rapprochement entre les peuples. Il le dédie aux instituteurs et institutrices de l'école publique.

Ferdinand Buisson meurt le à Thieuloy-Saint-Antoine, où il est enterré à côté de son épouse Pauline.

  1. ? Martine Brunet-Giry, Ferdinand Buisson et les socialistes libertaires, , 285 p. (ISBN 978-2-9549849-0-2), p. 18
  2. ? Isabelle Havelange, Françoise Huguet et Bernadette Lebedeff, Les inspecteurs généraux de l'Instruction publique, ENS Éditions, , p. 204.
  3. ? Patrick Cabanel, Juifs et protestants en France, les affinités électives : XVI???XXI siècle, Fayard, (ISBN 2213619247).
  4. ? Martine Brunet-Giry, Ferdinand Buisson et les socialistes libertaires, , 285 p. (ISBN 978-2-9549849-0-2), p. 85
  5. ? Jean-Marie Mayeur et Patrick Cabanel, « Buisson, Ferdinand Édouard », dans Patrick Cabanel et André Encrevé, Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Paris, Éditions de Paris Max Chaleil, , p. 510-511.
  6. ? André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
  7. ? Anne Cendre, Promenades protestantes à Paris, Labor et Fides, , p. 257.
  8. ? Martine Brunet, « L'unité d'une vie », in Ferdinand Buisson, souvenirs et autres écrits, Théolib, 2011, p. 119-170.
  9. ? Philippe Aubert, « Le père de l'école laïque », sur Évangile et Liberté, (consulté le )
  10. ? Christophe Charle, « 17. Buisson (Ferdinand, Edouard) », Publications de l'Institut national de recherche pédagogique, vol. 2, n 1,‎ , p. 38?40 (lire en ligne, consulté le )
  11. ? André Chervel, L'Orthographe en crise à l'école, Retz, 2008, p. 49 et suivantes.
  12. ? Michel Gaudart de Soulages, Hubert Lamant, Dictionnaire des francs-maçons français,
  13. ? Christian Bernard, « Pertinence et actualité de l'?uvre de Ferdinand Buisson », sur institut-jacquescartier.fr, (consulté le )
  14. ? « Dictionnaire historique de la Suisse » (consulté le ).
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