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| Fauteuil 1 de l'Académie française | |
|---|---|
| - | |
Claude Bazin de Bezons Jean d'Estrées |
| Naissance | Paris |
|---|---|
| Décès |
(à 74 ans) Paris |
| Sépulture |
Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés |
| Formation |
Université de Paris Collège d'Harcourt Lycée Saint-Louis |
| Activité |
Poète, polémiste et traducteur |
| Père |
Gilles Boileau (d) |
| Fratrie |
Gilles Boileau Jacques Boileau |
| Membre de |
Académie des inscriptions et belles-lettres (- Académie française (- |
|---|---|
| Mouvement |
classicisme |
Les Satires, Épîtres, L'Art poétique, Le Lutrin. |
Nicolas Boileau sieur Despréaux, également nommé Nicolas Boileau Despréaux, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un homme de lettres français du Grand Siècle. Poète, traducteur, polémiste et critique littéraire, il fut considéré de son temps et pendant les deux siècles suivants comme le législateur ou le « Régent du Parnasse » pour son « intransigeance passionnée ». Admirateur et ami de Molière, familier d'Antoine Furetière, de Claude-Emmanuel Luillier dit Chapelle, d'Olivier Patru et de Guillaume de Lamoignon, premier président du parlement de Paris, il est, pendant le dernier quart du siècle, l'ami, le confrère et l'interlocuteur privilégié de Jean Racine.
Deux de ses frères aînés, Gilles Boileau et Jacques Boileau, se sont fait un nom dans l'histoire des lettres.
Né dans le milieu de la petite bourgeoisie parlementaire, quinzième des seize enfants de Gilles I Boileau, greffier de la Grand' Chambre du Parlement de Paris, Nicolas Boileau (dit Despréaux ou Des Préaux, pour le distinguer de son frère aîné Gilles II) est, dès son plus jeune âge, destiné au droit.
De constitution fragile, il est opéré de la taille à l'âge de onze ans. Il commence ses études au collège d'Harcourt (futur lycée Saint-Louis) et rejoint en troisième le collège de Beauvais, où il est censé étudier le droit mais où il se découvre surtout une passion pour la poésie.
Son père le destinant à la cléricature, il entreprend des études de théologie à la Sorbonne, mais les abandonne presque immédiatement. Admis au barreau le , il en est rapidement dégoûté.
À la mort de son père, en 1657, il hérite d'une rente de 1 500 livres, qui lui permet de vivre modestement et de se consacrer tout entier à la littérature.
En 1662, il se voit attribuer le bénéfice du prieuré de Saint-Paterne, doté de 800 livres de rente, qu'il restituera après s'en être démis, vers la fin de 1670.

Ses premiers écrits importants sont les Satires (composées à partir de 1657 et publiées en recueil à partir de 1666), inspirées des Satires d'Horace et de Juvénal. Il y brocarde un grand nombre de ses contemporains, entre eux Jean Chapelain, Georges de Scudéry, Charles Cotin, Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, Charles Coypeau d'Assoucy, Michel de Pure, Edme Boursault et Philippe Quinault, qu'il considère comme de mauvais auteurs.
Laudateur de Malherbe, Boileau admire Molière et Racine, et compose en 1665 une Dissertation sur la Joconde à la gloire de La Fontaine, qu'il avait visité l'année antérieure à Château-Thierry pour lui rendre hommage.

Les sept premières satires, qui paraissent en 1666, obtiennent un succès considérable, que viennent encore accroître les protestations des auteurs qui y sont brocardés. Boileau répond à ses détracteurs dans une nouvelle satire, la neuvième, où se trouvent réunies « élégance du style et plaisanterie piquante ». L'abbé Charles Cotin, l'une de ses principales "victimes", répond à ces attaques dans La Critique désintéressée sur les satyres du temps.
Dans les premières années de la décennie 1660, une querelle oppose les partisans de deux « imitations » en vers d'un célèbre conte érotique extrait du Roland furieux de l'Arioste : celle de Jean de Bouillon, secrétaire de Gaston d'Orléans, et celle de Jean de La Fontaine, qui n'a alors publié qu'une traduction de l'Eunuque de Térence. Un certain Saint-Gilles, tenant de l'adaptation de Bouillon, gage une forte somme contre Jérôme, frère aîné de Gilles et Nicolas Boileau, qui tient pour la version plus libre et inventive de La Fontaine. Cette gageure et son enjeu critique font l'objet d'une longue lettre, ou « dissertation », dont l'auteur défend avec une grande finesse et beaucoup d'érudition l'art du futur fabuliste. Publié de manière anonyme en 1668 dans un recueil de « Contes et nouvelles en vers » de La Fontaine, cette brillante ?uvre de critique littéraire sera revendiqué en 1702 par Nicolas Boileau dans une conversation privée, mais ne sera insérée dans le recueil de ses ?uvres qu'après sa mort.
Parvenu à l'âge de la maturité, il compose douze Épîtres, qu'il fera paraître entre 1670 et 1697.
« Aucune, écrit Charles-Henri Boudhors, ne s'emploie à versifier, sans intérêt actuel, sans motif personnel, quelque lieu commun de philosophie bourgeoise ou de morale universelle. Et toutes sont des satires encore, dont la pointe "rebouchée", la griffe ouatée (parfois) attestent que l'auteur a su "fléchir aux temps sans obstination", s'accommoder, se renouveler, s'ingénier, mais n'abandonne rien de ses intimes convictions politiques et morales, rien de son caractère de poète, rien de son "génie" propre. »

Au cours des premières années 1670, il compose les quatre chants de L'Art poétique. D'après Delphine Reguig,
« Boileau, en dépit des projections qu'il a pu faciliter, n'est ni un théoricien ni un législateur. Sa démarche est empirique dans ses tenants comme dans ses aboutissants ; elle met en oeuvre la prudence qui fait prévaloir un régime d'inférence et d'induction, qui conduit l'esprit à reconnaître le caractère irrégulier de la règle toujours postérieure au poème. Car la règle est seconde, elle-même effet de l'oeuvre sublime dans laquelle s'exemplifie le chemin qui peut mener au grand. »
Pierre Clarac, de son côté, affirme que l'Art poétique est
« un résumé de la doctrine classique telle qu'elle avait été élaborée en France dans la première moitié du siècle. L'ouvrage n'a rien, et ne pouvait rien avoir d'original dans son inspiration. Mais ce qui le distingue de tous les traités de ce genre, c'est qu'il est en vers et qu'il cherche à plaire plus qu'à instruire. Composé à l'usage des gens du monde, il obtient auprès d'eux le plus éclatant succès. »
Vers le même temps, pour répondre à un défi du président Guillaume de Lamoignon, dont il fréquente l'académie, Boileau compose les six chants de l'épopée burlesque du Lutrin.

En , plusieurs libraires mettent en vente un volume d'?uvres diverses du Sieur D***. On y trouve les neuf premières Satires, les quatre premières Épîtres, les quatre chants de L'Art poétique en vers, encore inédits, et les quatre premiers chants du Lutrin, eux aussi inédits. Mais la pièce la plus importante aux yeux de Boileau, s'il faut en croire la composition et la typographie de la page de titre, est la traduction (la première en langue vernaculaire) du Traité du sublime attribué au rhéteur grec Longin.
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En , Boileau et Racine sont nommés historiographes du roi, en remplacement de Paul Pellisson-Fontanier. Au cours des années suivantes, Boileau accompagnera Louis XIV dans les campagnes de Flandre puis d'Alsace.
Le , il est élu à l'Académie française. L'année suivante il entre à l'Académie des inscriptions et médailles ou Petite Académie.
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La douzième satire, Sur l'Équivoque, composée en 1705, est interdite de publication sur l'intervention du jésuite Michel Le Tellier, confesseur du roi, malgré les démarches contraires du duc Adrien-Maurice de Noailles. Elle circule cependant, après avoir été imprimée clandestinement (quelques semaines après la mort de son auteur) sur instruction de l'abbé Jacques Boileau qui veut se venger des Jésuites tout en vengeant son frère.